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Manifestations contre la vie chère à Bobo-Dioulasso : Les commerçants ne démordent pas

vendredi 22 février 2008.
 
Hier encore, les manifestants étaient face aux forces de l’ordre un peu partout dans les rues de la ville de Sya. En ce deuxième jour de manifestation, c’est l’heure du bilan après les nombreuses casses de la veille et Bobo a pris les allures d’une ville morte. La plupart des commerces, des banques, des écoles et stations d’essence sont restés fermés. La mobilisation a toutefois baissé d’un cran, même si des groupuscules de jeunes ont continué à s’attaquer à des intérêts publics et privés.

Bobo-Dioulasso a vécu hier jeudi, au rythme des manifestations "contre la vie chère", débutées mercredi 20 février 2008. Certains en avaient encore gros sur le cœur : « Nous le savons, les responsables du marché ne payent pas leurs impôts, c’est pour cela qu’ils sont allés rencontrer les autorités à la Chambre du commerce pour nous imposer doublement.

Nous payons la TVA à la douane et dans les magasins », cet avis de Mohamed Soré, quincaillier, rejoint celui de ses camarades agglutinés autour de lui, acquiescant. De façon générale, tous les « points chauds » de la veille, à savoir, le marché central de Bobo, l’Hôtel de ville, la direction régionale des douanes, l’ex- boulevard de la Révolution, et les principales artères de la ville connaissent un calme relatif.

Déjà visibles au premier jour des échauffourées autour de l’agence BCEAO de Bobo, les « bérets rouges » se sont déployés aux alentours du grand marché, pendant que la police anti-émeute tenait en respect, à coups de gaz lacrymogènes, les jeunes commerçants qui tentaient de se regrouper. Les méthodes musclées ont fait place à la pédagogie, au dialogue quelquefois entre manifestants et forces de l’ordre. A la mairie, les policiers municipaux veillent au grain aux côtés des militaires. Les assauts de la foule en courroux se sont estompés, mais les travailleurs ne sont pas pour autant rassurés : la peur d’être vandalisés, a poussé beaucoup de Bobolais à préférer se terrer chez eux. Résultat, toute l’activité économique est paralysée à Sya. Il n’est même pas facile de se procurer une carte téléphonique ou un taxi. A la Place de la Femme qui était le théâtre avant-hier de violentes manifestations d’élèves, la statue de la femme balayeuse a résisté tant bien que mal aux flammes. Ce n’est cependant pas le cas au rond-point de l’aéroport, où la statue qui y trônait a été détruite.

Non loin de là, et en dehors du périmètre sécuritaire, un groupe d’élèves dans le dos de la police, s’en est pris à tout ce qu’il trouvait sur son passage sur la route de Léguéma dans le quartier Bindougousso. C’est sur ces entrefaits, à 12h 45 mn, que le cortège des autorités venues de Ouagadougou s’est aventuré sur le boulevard de la Révolution où des pneus enflammés barraient le passage. Des loubards, qui rançonnaient les passants, se sont simplement éclipsés pour laisser passer les autorités avant de revenir attiser les flammes qu’ils entretiennent sur la voie. De Colma, Colsama en passant par le centre ville et Lafiabougou, c’est ce spectacle qui est offert aux habitants. A la mairie de Dô, très durement touchée par les saccages, les cambrioleurs ont abandonné nuitamment dans la rue, le mobilier volé. Quelques bonnes volontés, avec l’aide des militaires, tentent de ramener le matériel. Le calvaire des Bobolais n’est pas pour autant terminé.

En début d’après-midi, un groupe de malfrats a mis à sac la pharmacie Béthel sur la rue 21 46 de Colsama. Le Dr Marcel Ki, qui a veillé toute la nuit pour protéger son officine, a retrouvé les lieux sens dessus dessous quelques minutes après. « Même l’enseigne lumineuse vaut plus de deux millions », a-t-il soupiré.

Mahamadi TIEGNA

Sidwaya


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